
L’usage du clignotant : obligations, erreurs fréquentes et rappels utiles
Utiliser ses clignotants pour signaler ses intentions n’est pas une option, mais un pilier de la conduite responsable. Trop souvent négligé, ce petit levier placé à portée de main joue pourtant un rôle central dans la communication entre les usagers de la route. Il permet d’éviter les malentendus, de fluidifier la circulation et, surtout, de prévenir les accidents.
Pourtant, nombreux sont les conducteurs qui l’oublient, par automatisme ou par manque d’attention. Dans cet article, nous revenons sur les règles à respecter, les erreurs fréquentes, ainsi que les bons réflexes à adopter pour garantir une conduite plus sûre et plus respectueuse.
Les obligations légales : ce que dit le Code de la route
La réglementation est sans ambiguïté : tout changement de direction ou toute insertion dans le trafic doit être anticipé et clairement signalé. L’article R412-10 du Code de la route stipule que tout conducteur souhaitant changer de direction ou ralentir son allure doit avertir les autres usagers.
En clair, cela concerne les dépassements, les changements de file, les sorties de rond-point, les bifurcations ou encore la reprise de circulation après un arrêt ou un stationnement. Le clignotant n’est donc pas réservé aux grands virages : il s’impose dès que la trajectoire du véhicule évolue.
Ignorer cette obligation n’est pas sans conséquence. Le non-usage du clignotant constitue une infraction de 2ᵉ classe, sanctionnée par une amende forfaitaire de 35 €, pouvant grimper à 75 € en cas de retard de paiement. À cela s’ajoute un retrait de trois points sur le permis de conduire.
En cas de récidive ou de circonstances aggravantes, la sanction peut aller jusqu’à la suspension du permis pour une durée pouvant atteindre trois ans. Autant dire qu’un simple oubli peut coûter cher, au sens propre comme au figuré.
Une mauvaise habitude encore très répandue

Et cet oubli est loin d’être rare. Une étude menée en 2023 par Ipsos pour la Fondation VINCI Autoroutes révèle que 58 % des conducteurs français reconnaissent ne pas utiliser systématiquement leur clignotant pour doubler ou changer de direction.
Ce chiffre, assez alarmant il faut l’admettre, témoigne d’une banalisation inquiétante de cette négligence.
L’habitude, le sentiment d’être seul sur la route ou la conviction erronée que la manœuvre est « évidente » pour les autres, expliquent en partie cette tendance.
Le clignotant est pourtant l’un des premiers outils de communication entre usagers. Son absence crée de l’incertitude et génère des situations dangereuses.
Les erreurs les plus fréquentes
L’oubli d’enclencher le clignotant peut survenir dans les cas les plus banals : lors d’un changement de voie sur autoroute, d’une insertion dans un rond-point ou d’une simple sortie de stationnement.
À l’inverse, laisser son clignotant activé après avoir terminé sa manœuvre est tout aussi problématique : cela peut induire les autres en erreur et provoquer des réactions inappropriées.
Une autre erreur fréquente consiste à activer le clignotant trop tardivement.
Beaucoup de conducteurs enclenchent le signal au dernier moment, voire en plein virage, ce qui laisse peu de temps de réaction aux autres usagers.

Pour qu’un clignotant soit utile, encore faut-il qu’il soit visible à temps.
La règle est simple : signaler sa manœuvre au moins 50 mètres à l’avance en ville, et 100 mètres hors agglomération.
Les ronds-points méritent une attention particulière.
Le bon usage en entrant sur le carrefour giratoire ou sur le rond-point, sera d’utiliser correctement le clignotant selon la sortie que nous allons devoir emprunter :
- Il n’est pas nécessaire d’utiliser les clignotants pour sortir tout droit. En revanche, une fois engagé sur le rond-point, le clignotant droit doit être obligatoirement utilisé après avoir dépassé la sortie qui précède celle que l’usager souhaite emprunter.
- À l’inverse, pour prendre les sorties situées sur la gauche par rapport à l’axe d’entrée du rond-point, il faut mettre le clignotant à gauche en entrant sur le rond-point pour le signaler aux autres usagers, puis mettre le clignotant à droite après avoir dépassé la sortie qui précède celle que l’on souhaite emprunter.
Là encore, un mauvais usage peut prêter à confusion et gêner la fluidité du trafic.
Les conséquences d’un mauvais usage du clignotant
Ne pas clignoter ou le faire de manière inadaptée augmente mécaniquement lesrisques de collision.
Bien signaler ses intentions permet aux autres usagers (automobilistes, cyclistes, piétons) d’anticiper et d’adapter leur comportement.
À l’inverse, un changement de voie soudain ou un virage non annoncé peut entraîner un freinage d’urgence, voire une collision en chaîne.
Sans parler de la tension qu’un tel comportement génère : un véhicule imprévisible est une source de stress et d’agacement pour les autres, favorisant des réactions impulsives au volant.
Adopter les bons réflexes
Pour éviter ces écueils, un bon réflexe peut faire la différence : R-C-M pour Rétroviseur, Clignotant, Manœuvre.
Avant toute action, vérifiez vos rétroviseurs et vos angles morts, activez ensuite votre clignotant, puis réalisez votre manœuvre en toute sécurité.
L’ordre est important. Ne signalez pas une intention que vous n’avez pas encore confirmée : clignoter sans vérifier peut aussi induire les autres en erreur.
Il est également essentiel de s’assurer que les clignotants fonctionnent correctement. Une ampoule grillée ou un défaut électrique n’excuse pas l’absence de signalement. Non seulement cela vous expose à une verbalisation pour véhicule non conforme, mais surtout, cela supprime un signal vital pour les autres usagers.
Vérifiez régulièrement vos feux, surtout avant un long trajet. Si un clignotant est cassé ou non conforme, il s’agit d’une infraction d’un autre ordre liée aux règles d’éclairage (voir article R313-14), et non d’un simple oubli.

À noter également : ne confondez pas clignotants et feux de détresse. Les warnings n’ont pas vocation à signaler une manœuvre mais à indiquer un danger temporaire ou un arrêt d’urgence.
Les utiliser pour changer de file ou pour doubler est non seulement inapproprié, mais aussi dangereux, car cela empêche de distinguer clairement votre intention.
Enfin, adaptez votre usage aux contextes.
En milieu urbain, où la densité de circulation est élevée, mieux vaut trop clignoter que pas assez. Même pour contourner un simple obstacle ou se décaler d’un demi mètre, le clignotant peut éviter un accrochage.
Sur autoroute, pensez à l’enclencher suffisamment tôt, car à haute vitesse, une seconde d’hésitation peut avoir des conséquences graves.
En résumé, activer son clignotant est un geste simple, mais capital.
Il traduit une conduite attentive, respectueuse et responsable. C’est un outil de communication à part entière, au même titre que le regard ou le klaxon. Il informe, rassure et protège.
En le négligeant, on met les autres en danger et on s’expose à des lourdes sanctions. En l’utilisant correctement, on contribue à rendre la route plus sûre pour tous.
Dans un contexte où la prévention et la responsabilisation jouent un rôle clé, développer de meilleurs réflexes est indispensable.
C’est d’ailleurs tout l’enjeu des actions de sensibilisation et des formations dédiées aux risques routiers, telles que celles proposées par GOTODRIVE. Comment ? En accompagnant entreprises et conducteurs vers une conduite plus sécurisée et plus maîtrisée !