
Comment organiser une Journée Sécurité (SafetyDay) réussie en entreprise ?
Une Journée Sécurité bien organisée est un levier essentiel pour ancrer la prévention des risques au cœur de l’entreprise. Elle permet de mobiliser les équipes autour de la santé et de la sécurité au travail, en particulier sur les risques routiers qui constituent la première cause de mortalité professionnelle.
Concrètement, cette journée doit être préparée par une analyse des risques existants (DUERP, statistiques d’accidents) et la définition d’objectifs mesurables (ex. taux de participation, score de satisfaction, baisse des incidents).
La responsabilité de ce projet incombe généralement au responsable QSE ou au service santé-sécurité, en liaison avec la direction, le service RH, le médecin du travail et le CSE.
Comment la préparer ?
Il s’agit d’abord de choisir les thèmes prioritaires (vitesse, fatigue, distractions, port de la ceinture de sécurité, drogues et alcool au volant etc.), puis de programmer les activités (ateliers interactifs, formations, stands, animations ludiques) en mobilisant intervenants internes ou externes.
Durant la Safety Day, on alterne conférences, exercices pratiques (simulateurs de conduite, mises en situation) et temps d’échange pour varier les formats.
Les indicateurs à suivre comprennent le taux de participation, le niveau de satisfaction (questionnaire post-événement) et les résultats concrets (par exemple, pas d’accident en mission dans les mois suivants).
Côté budget, il n’y a pas de tarif fixe spécifique, cela va varier en fonction des besoins, des activités souhaitées et bien sûr de la durée de vos Safety Days.
Pourquoi organiser une Journée sécurité en entreprise ?
La sécurité au travail est une obligation légale : l’article L.4121-1 du Code du travail stipule que « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».
Cela inclut des actions de prévention, d’information et de formation continue sur les risques professionnels. La Journée Sécurité constitue un moyen collectif privilégié pour remplir ces obligations de manière visible et motivante.
L’enjeu est particulièrement sensible dans le domaine de la mobilité : conduire dans le cadre du travail (trajets domicile-travail ou missions professionnelles) reste la principale cause de mortalité professionnelle en France.
L’INRS rappelle ainsi que les accidents de la route en mission représentent environ 10 % des accidents du travail, et quand on y ajoute les trajets domicile-travail on atteint près de 30 % des accidents mortels liés au travail.
En d’autres termes, près d’un tiers des décès au travail est lié à la circulation routière. Ces chiffres démontrent qu’une Journée Sécurité axée sur la prévention routière (avec une dimension plus large de santé routière) peut avoir un impact fort sur le nombre d’accidents.

Par ailleurs, cet événement répond à un besoin de cohésion et de culture d’entreprise : faire de la sécurité « l’affaire de tous » n’est pas seulement un slogan, mais implique de reconnecter les exigences réglementaires aux réalités du terrain.
Une journée bien conçue rend visibles des risques souvent banalisés (fatigue au volant, addictions, stress) et engage les salariés dans une démarche participative. C’est un moment privilégié pour faire passer des messages-clés (liés aux politiques RSE de l’entreprise, au respect des consignes de sécurité ou aux bonnes pratiques de conduite) tout en valorisant l’image employeur.
Enfin, cette initiative peut s’inscrire dans des campagnes plus larges, par exemple : la Semaine de la Sécurité Routière en entreprise en mai, la Semaine européenne de la sécurité au travail fin octobre ou même la Journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail en avril), ce qui offre des synergies de communication et d’expertise externe.
Étapes de préparation d’un Safety Day réussi
1. Définir les objectifs et les thématiques
La première étape consiste à fixer les objectifs mesurables de l’événement.
Ceux-ci varient selon les besoins de l’entreprise : réduire les accidents routiers internes de X % sur l’année suivante, atteindre 90 % de participation des salariés, ou améliorer la note moyenne d’un questionnaire de satisfaction au moins de 4/5, par exemple. Identifier quelques indicateurs clés (KPI) permet de structurer l’évaluation post-événement.
En parallèle, il faut analyser les risques spécifiques : consulter le Document Unique d’Évaluation des Risques (DUERP), les statistiques d’accidentologie internes et externes, et les retours du CSE. Ce diagnostic permet de choisir les thématiques prioritaires (par exemple vitesse excessive, non-port de la ceinture, somnolence, téléphonie au volant, etc.).
Dans le secteur mobilité/transport, on insistera sur les risques routiers, mais on peut aussi intégrer d’autres axes (chutes de plain-pied, manutention, ergonomie du siège, addictions). Plus l’entreprise est grande et diversifiée, plus la journée peut accueillir de sujets.
Pour une PME, on se focalisera sur un ou deux thèmes majeurs ; pour un grand groupe, on répartira les contenus sur plusieurs ateliers parallèles ou sessions.
2. Mobiliser les parties prenantes et le pilotage
Un Safety Day est un projet transversal : il nécessite l’implication de plusieurs acteurs. La direction générale doit donner l’impulsion (budget, communication) et clarifier l’importance de l’événement.
En pratique, le responsable Qualité/Santé/Sécurité ou le service RH pilote le projet en collaboration avec le médecin du travail et le CSE (remplaçant du CHSCT). Les managers de chaque service doivent relayer l’information auprès de leurs équipes et encourager la participation.
On peut également créer un petit comité de pilotage comprenant ces représentants (direction, RH, CSE, préventionnistes) pour valider le programme et répartir les rôles (animation, logistique, accueil). Chaque intervenant (internes ou formateurs externes) se voit attribuer une mission précise. Il est recommandé de prévoir des chefs de plateau (ou animateurs principaux) pour coordonner les ateliers le jour J.
Enfin, associer les salariés tôt à la conception (via des sondages sur les sujets souhaités ou en sollicitant des volontaires pour animer un atelier) augmente l’appropriation de la démarche.
Pour piloter ce type de projets, des organismes comme GOTODRIVE vous permettront cocréer des animations et ateliers sur-mesure au regard des besoins et risques analysées en amont. Le jour J, les formateurs seront votre meilleur relai pour transmettre les bons messages sur des sujets graves sans pour autant culpabiliser les participants de façon ludique et participative.
3. Planifier le calendrier et le budget

La planification doit commencer plusieurs mois à l’avance.
Un planning type peut être :
- D-3 mois : validation du budget prévisionnel, choix de la date (idéalement hors pic d’activité), choix du lieu (dans les locaux ou dans un centre, en cas de multi-sites prévoir des sessions distinctes).
- D-2 mois : choix de votre futur partenaire au regard de ses propositions d’ateliers, d’accompagnement, de ses valeurs et de son ADN.
- D- 1,5 mois : finalisation du programme détaillé (horaires, thèmes, planning des ateliers simultanés). À ce stade, lancer aussi la campagne de communication interne (save-the-date, affiche de teasing).
- D-1 mois : affinement de la logistique (traiteur, documents imprimés, matériel audio-visuel, goodies), diffusion du programme complet aux participants, préparation des supports de mesure (questionnaires, grilles d’observation).
- J-15 : transmission à l’organisme partenaire les derniers détails organisationnels : horaires précis, conditions d’entrée sur site (EPI, PDP, etc.), nom du contact local, messages spécifiques attendus, etc.
- Jour J : déroulement de la journée selon le planning établi.
- J+1 : envoi du questionnaire de satisfaction et compilation des retours.
- J+ 1 à 2 semaine : réunion bilan interne pour analyser les résultats par rapport aux KPI et planifier les actions correctives.
Concernant le budget, il varie fortement selon l’envergure. Les coûts typiques sont les suivants : location de salle, intervenants externes, matériel pédagogique, restauration, sans oublier le temps passé par l’équipe interne.
Dans tous les cas, il faut rappeler que ce budget est un investissement : chaque euro dépensé en prévention peut rapporter des économies indirectes (accidents évités, baisse de l’absentéisme).
Exemples d’activités et formats
La richesse d’un Safety Day réside dans la variété des ateliers pratiques et ludiques proposés. Par exemple, on peut installer un simulateur de conduite automobile, un simulateur de choc frontal , voiture tonneau, ou de lunettes de simulation d’alcoolémie ou de prise de stupéfiants à travers un parcours pour faire vivre aux participants les conséquences de leurs comportements au volant.
D’autres activités interactives complètent le programme : quiz de sensibilisation, serious game ou escape game sur la prévention, focus sur les distracteurs au volant, stands-conseil sur la posture au travail ou initiation aux premiers secours avec mannequins, témoignages d’accidentés pour renforcer l’impact émotionnel.
Il est courant également d’organiser des exercices sur deux-roues ou dans un véhicule utilitaire pour les métiers du transport : par exemple, un parcours de maniabilité pour VUL/PL.
L’idée est de varier les formats (conférence, ateliers qui vont mixer théorie et pratique, etc.) pour maintenir l’attention des salariés et s’adapter à différents profils.
De manière générale, les formats de Safety Day peuvent être très différents selon l’entreprise. On peut distinguer trois cas typiques, comparés dans le tableau ci-dessous :
- une session courte d’introduction,
- un atelier d’une journée complète,
- un programme étalé sur plusieurs jours (ou semaines) pour un plan de prévention approfondi.
Exemples formats de Safety Day
Prenons pour exemple une entreprise de 140 collaborateurs ou presque l’ensemble des équipes utilise un véhicule (soit en mission, soit pour venir au travail).
Après diagnostic auprès des salariés, 4 risques principaux sont relevés :
- 1 permis retirés à cause de l’alcool
- 8 PV pour smartphone tenus en main
- 5 PV pour excès de vitesse
- 1 accident avec un blessé grave qui n’avait pas bouclé sa ceinture
Par rapport à ce type de diagnostic, le partenaire choisi pourra proposer le déroulé suivant :
- Atelier 1 « Kart Alcool » pour sensibilisé aux méfaits des perturbateurs au volant (alcool, médicaments, drogues ou fatigue).
- Atelier 2 « Simulateur de conduite » pour expérimenter (sans prendre de risques) des situations de dangers liées à la vitesse, aux conditions climatiques, aux imprévus etc. Avec, dans cette situation, l’avantage de pouvoir prendre conscience de l’impact des distracteurs sur nos temps de réactions et donc sur les distances d’arrêts.
- Atelier 3 « Voiture Tonneau » pour se mettre en situation de retournement et comprendre ainsi l’importance de la ceinture, son fonctionnement et aussi réaliser le danger que peuvent causer les objets non rangés dans la boîte à gants par exemple.
Au vu du diagnostic initial liés aux risques et leurs impacts négatifs, l’entreprise décidera de sensibiliser tous ses salariés.
Pour cela, elle pourra convenir avec le prestataire d’organiser 2 jours de Sfaety Day pour ne pas immobiliser toute son activité et répartir de façon équilibré les ateliers.
L’organisme auquel vous aurez fait appel doit vous accompagner dans la détermination du bon format : nombre d’ateliers à prévoir selon votre budget et votre public cible, thématiques, format des ateliers et nombre de sessions. Ce qui déterminera la durée et le nombre de journées à prévoir.
Tout découlera de ce que vous aurez analysé en termes de risques en amont afin de cibler des Safety Day pertinentes et adaptées à votre besoin.
Dans tous les cas, l’essentiel est d’avoir un déroulé clair (avec horaires, pauses et transitions) et de prévoir du matériel de suivi (par exemple des brochures, check-lists ou grilles de remarques à chaque atelier) pour capitaliser sur les connaissances acquises.
Communication, logistique et mobilisation
La communication interne avant et pendant la Journée Sécurité est cruciale pour garantir l’enthousiasme des salariés. En amont, on utilise tous les canaux disponibles : affiches dans les locaux, intranet, mails d’invitation, vidéos courtes de la direction expliquant les enjeux. Il est utile de jouer sur le côté événementiel et de préciser les bénéfices pour chacun (par exemple, formation utile, moment de convivialité).
Durant la journée, un animateur ou le responsable sécurité ouvre l’événement pour rappeler les objectifs et encourager l’engagement. Chaque atelier ou stand peut aussi avoir un « facilitateur » chargé d’expliquer le déroulement et de répondre aux questions.
L’accueil logistique compte autant, il faut notamment s’assurer que les salles sont équipées (projecteur, écran, connexions internet), que les consignes (incendie, affichages sécurité obligatoires) sont bien visibles, et que des temps de pause conviviaux sont prévus (petit-déjeuner d’accueil, déjeuner collectif, café-bar).
Dans le secteur mobilité, on peut même organiser un défi collectif (par exemple un relais de conduite éco responsable) pour renforcer l’esprit d’équipe.
Côté engagement, on peut valoriser la participation : remettre un certificat de sensibilisation, offrir des goodies « Sécurité » ou organiser un mini-concours interne (quiz, photo-reportage sur le thème de la sécurité). On insiste souvent sur la signature d’une charte de sécurité routière ou d’un engagement individuel (sous forme électronique ou affiché) pour formaliser les bonnes résolutions.
Suivi post-événement et amélioration continue

Le bilan de la journée ne s’arrête pas au compte-rendu : c’est le point de départ d’un plan d’action continu. Les résultats (questionnaires, photos, notes de satisfaction, incidents signalés) sont compilés et présentés à la direction et au CSE.
Ils alimentent les indicateurs de suivi : on compare les KPI définis (taux de participation, score de satisfaction, nombre d’incidents sur la période) aux objectifs initiaux. L’INRS et l’Union européenne préconisent de maintenir une gestion active de la sécurité au-delà de l’événement ponctuel.
Concrètement, les nouvelles pratiques mises en lumière (rappel ceinture, bonnes postures, procédures d’urgence) doivent être intégrées au Document Unique et aux futures sessions de formation. Par exemple, si l’atelier a révélé un problème de non-port de la ceinture chez certains conducteurs, on peut lancer une sensibilisation complémentaire ou des contrôles ciblés par la hiérarchie. Si le mini-quiz a montré que 30 % des participants ignorent le nouveau règlement, le sujet peut figurer dans la prochaine réunion d’équipe.
De même, les réussites de la journée (ambiance positive, idées innovantes) sont documentées : on conserve les supports utilisés (diapositives, captures d’écran des jeux, photos) pour une éventuelle diffusion ultérieure. Il est conseillé de planifier dès le lendemain de l’événement un point de suivi mensuel sur les actions découlant de la journée.
Enfin, répéter ces journées régulièrement (annuellement ou selon les besoins) permet de faire de la sécurité un processus perpétuel et améliore progressivement les résultats en entreprise.
Envie de vous lancer ? N’hésitez pas à prendre contact avec les équipes GOTODRIVE !